
Depuis la réforme de 2023 et la transformation des SAAD en Services Autonomie à Domicile, le Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP) est devenu le document le plus structurant du parcours d'un bénéficiaire. C'est lui que les évaluateurs HAS regardent en priorité pour mesurer la maturité d'un service. Et depuis le 12 mai 2026, la Haute Autorité de Santé a enfin publié le texte qui manquait : le guide « Élaborer le projet personnalisé d'accompagnement dans le dossier usager informatisé », 87 pages qui disent précisément ce qu'un PAP doit contenir, comment il se construit, et comment il doit vivre dans un outil numérique.
Ce guide remet de l'ordre, et il déboulonne au passage quelques idées reçues bien installées dans le secteur : non, le PAP n'a pas à être signé ; non, la HAS n'impose pas de liste de domaines ; non, les objectifs n'ont pas à être « SMART ». Il s'adresse aux gestionnaires de SAAD, responsables de secteur et qualiticiens qui veulent comprendre ce que la HAS attend vraiment, et le mettre en œuvre sans transformer la conformité en charge administrative. C'est aussi le texte que nous avons pris comme feuille de route pour le module PAP d'Aidie, et nous citons ici les pages du guide pour que vous puissiez vérifier chaque point par vous-même.
Le Plan d'Accompagnement Personnalisé n'est pas une bonne pratique : c'est une obligation légale. Il découle de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale, qui garantit à chaque personne accompagnée par un établissement ou service social et médico-social (ESSMS) un projet d'accueil et d'accompagnement individualisé. L'article L.311-3 du Code de l'action sociale et des familles (CASF) en fixe les droits attachés : libre choix entre des prestations adaptées, respect du consentement éclairé, confidentialité, et participation directe de la personne à la conception et à la mise en œuvre de son projet.
Dans le secteur du domicile, cette obligation s'est longtemps appliquée de façon hétérogène. Beaucoup de SAAD se contentaient du plan d'aide APA, c'est-à-dire de la liste des heures financées, sans construire de véritable projet d'accompagnement. La réforme de 2023 et le cahier des charges des Services Autonomie à Domicile (annexe 3-0 du CASF) ont clos cette ambiguïté : le projet d'accompagnement personnalisé y est explicitement attendu, et il doit préciser « ses modalités de suivi, d'actualisation et de réévaluation, au moins annuellement ou à l'occasion d'un changement dans la vie de la personne susceptible de le faire évoluer ».
Jusqu'ici, la HAS n'avait jamais proposé de trame de projet personnalisé : la recommandation de 2008 « Les attentes de la personne et le projet personnalisé » laissait toute liberté sur le support. Saisie fin 2023 par la DGCS, la Délégation au numérique en santé et la CNSA, la HAS a d'abord publié une note de cadrage en 2025, puis le guide lui-même, adopté le 12 mai 2026. C'est désormais ce guide qui sert de référence, la note de cadrage n'en était que le programme de travail.
Trois messages structurent le texte :
La principale source de confusion vient des appellations multiples qui désignent des objets parfois identiques, parfois complémentaires.
Le PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) est le terme employé par la majorité des SAAD et par le cahier des charges des Services Autonomie. Le PPA (Projet Personnalisé d'Accompagnement) est l'appellation de la HAS dans son référentiel d'évaluation et dans le guide de mai 2026. C'est strictement le même objet : projet co-construit, structuré, révisable. Les deux termes sont utilisés indifféremment selon le document de référence.
Le plan d'aide désigne un objet différent : le document élaboré par le conseil départemental lors de l'instruction d'une demande d'APA. Il fixe le volume d'heures financées et la nature des prestations couvertes. Il s'impose au SAAD comme cadre financier, mais ne se substitue pas au projet d'accompagnement. Le mot est parfois réutilisé, dans le langage courant ou dans certains outils, pour désigner la partie « objectifs et actions » du PAP ; dans ce guide, nous le réservons au document APA pour éviter toute ambiguïté.
Le projet personnalisé, enfin, est le terme générique de la loi 2002-2. Il englobe le PAP et, selon les structures, d'autres documents complémentaires (projet de vie, projet de soins).
En synthèse : un même bénéficiaire peut avoir, en parallèle, un plan d'aide APA côté département et un PAP côté service. Le plan d'aide dit combien d'heures sont financées et pour quoi faire. Le PAP dit quels bénéfices la personne attend de son accompagnement, comment on y travaille, avec qui, et comment on le fait vivre.
Le PAP n'est pas un document unique : c'est un cycle. Le guide liste les étapes « structurantes et indispensables » de son élaboration (p. 16) : informer la personne et recueillir son consentement ou son refus ; comprendre sa situation dans une approche globale (histoire de vie, entourage, recueil de ses besoins, attentes et désirs, centralisation des bilans des différents professionnels) ; analyser et co-construire ; fixer des objectifs, programmer des actions et allouer des moyens ; valider et formaliser l'accord ; mettre en œuvre et réviser ; échanger et partager les objectifs ; co-évaluer pour actualiser. Voici ce que chacune implique concrètement pour un service à domicile.
Tout commence par une information « claire, compréhensible et adaptée » (p. 17) qui permet à la personne d'accepter ou de refuser sans se sentir forcée. Le consentement comme le refus « doivent être notés et documentés mais il n'est pas obligatoire qu'ils soient signés ou écrits par la personne accompagnée » (p. 19). Ces décisions ne sont pas définitives : la personne doit pouvoir s'exprimer à nouveau à tout moment.
Point souvent ignoré : si la personne refuse l'élaboration du PAP dans son intégralité, l'accompagnement ne s'arrête pas. Il « se poursuit dans le cadre du contrat de séjour et dans le respect de ses droits » (p. 19). Un refus tracé n'est pas une non-conformité, c'est au contraire la preuve que la question a été posée.
C'est le principe le plus concret du guide, et le plus oublié sur le terrain. Les besoins, attentes et désirs de la personne « sont retranscrits fidèlement, sans reformulation ou interprétation » (p. 54). Le professionnel n'est pas là pour traduire la parole en langage administratif à l'étape du recueil ; la reformulation vient plus tard, dans l'analyse et la synthèse, et elle est validée avec la personne.
L'expression de l'entourage fait l'objet d'une section distincte, et ne se confond jamais avec celle de la personne. La HAS insiste aussi sur les formats : quand l'écrit est difficile, « un PPA peut prendre la forme d'une BD, d'un audio » (p. 35), et la communication alternative et améliorée (CAA) est explicitement citée pour les personnes qui ont des troubles de la parole ou du langage.
En pratique dans un outil numérique : un DUI qui impose de saisir dans des champs fermés pendant l'entretien va à l'encontre de ce principe. La captation audio de l'échange, avec le consentement de la personne, suivie d'une retranscription que l'encadrant relit, est aujourd'hui la façon la plus fidèle de conserver le verbatim sans déconnecter le professionnel de la conversation.
Le guide pose une distinction simple que la plupart des PAP ne respectent pas (p. 33) :
La HAS pointe la confusion fréquente « entre le bénéfice attendu pour la personne et le travail réalisé par les professionnels ». Un exemple parlant : « sécuriser la salle de bain » n'est pas un objectif, c'est une action. L'objectif, formulé du point de vue de la personne, serait « pouvoir prendre ma douche seule sans avoir peur de tomber ». L'action : installation d'une barre d'appui et présence de l'auxiliaire les premiers matins. Les moyens : visite de l'ergothérapeute, financement APA ou aide à l'adaptation du logement.
Sur la mesure, la HAS est claire : elle « n'a pas jugé opportun de recommander l'utilisation d'indicateurs spécifiques » (p. 47). Chaque structure choisit entre indicateurs et résultats attendus, et la méthode qu'elle veut, SMART, MALINS « ou toute autre méthode ». Une seule limite, importante : ces indicateurs servent à évaluer l'objectif, jamais « la personne elle-même, ni le travail des professionnels, ni l'établissement ou le service » (p. 47).
La validation est le moment où la personne et les professionnels « se mettent d'accord sur les objectifs, les actions et les moyens » (p. 56). La HAS demande d'y consacrer un temps dédié, qui « ne doit jamais être remplacé par une étape administrative » (p. 36). La formalisation de cet accord, en revanche, est libre : la signature n'est qu'une modalité parmi d'autres. Le sujet mérite sa propre section, plus bas.
Le guide distingue nettement deux gestes (p. 37-38). La révision : on adapte au quotidien les actions et les moyens, on abandonne ou on ajoute un objectif avec l'accord de la personne, « dans un cadre souple, respectueux de la personne accompagnée et peu chronophage pour les professionnels ». L'actualisation : les besoins ou attentes ont changé, on relance l'élaboration d'un nouveau PAP. Chaque structure fixe elle-même le périmètre qui fait basculer de l'un à l'autre.
Concrètement, chaque objectif porte son propre statut, « en cours, à programmer, atteint, arrêté » (p. 55), et peut être révisé « sans pour autant reprendre tout le processus d'élaboration du PPA » (p. 56). Un objectif atteint reste visible jusqu'à la prochaine évaluation. La personne est informée de chaque révision « par tout moyen adapté », mais « ne reçoit pas une version modifiée du PPA » à chaque ajustement (p. 38). C'est exactement l'inverse du réflexe « on modifie, on réimprime, on refait signer ».
L'évaluation globale du PAP est programmée « à une date connue de tous » (p. 47), distincte de l'évaluation au fil de l'eau des objectifs. Pour un Service Autonomie, le cahier des charges impose ce point au moins une fois par an, ou à l'occasion d'un changement dans la vie de la personne. La HAS rappelle que l'évaluation doit être pensée dès la rédaction du projet, et lue dans son contexte : un résultat non atteint parce que le rendez-vous spécialisé est dans six mois n'est pas un échec de la personne ni du service.
Beaucoup de contenus en circulation présentent une grille de domaines « HAS » en 9, 11 ou 13 entrées. Le guide dit le contraire : « Le choix des domaines est à la main des structures et adapté aux besoins des publics qu'elles accompagnent » (p. 54). Il n'existe « pas de vocabulaire commun au niveau national » (p. 23), et c'est assumé : une liste adaptée au public de la structure vaut mieux qu'une nomenclature imposée.
Trois règles encadrent cette liberté :
À titre d'exemple, une liste courante en service à domicile couvre l'habitat et la sécurité du logement, l'autonomie dans les actes de la vie quotidienne, la mobilité et le risque de chute, l'alimentation, la santé et les soins, le sommeil, la vie sociale et l'isolement, la situation administrative et les droits ouverts, et enfin les attentes et projets de la personne. Le nombre importe peu. Ce qui compte, c'est que la liste soit celle de votre structure, qu'elle serve de filet pour ne rien oublier, et qu'elle ne devienne jamais un formulaire à cocher.
Le référentiel HAS et la note de cadrage 2025 convergent sur une grille en onze domaines. Ce ne sont pas onze cases administratives à cocher : ce sont onze entrées par lesquelles passer pour ne rien manquer de la situation d'un bénéficiaire à domicile.
Cette grille n'est pas un questionnaire à dérouler mécaniquement. Elle sert de filet de sécurité : si l'encadrant a couvert ces onze domaines, il est sûr de ne pas avoir laissé un pan entier de la vie de la personne hors champ.
C'est l'idée reçue la plus tenace du secteur : « un PAP non signé n'est pas un PAP ». Le guide y consacre une section entière (p. 36-37), et la réponse est sans ambiguïté. Le CASF impose la signature du contrat de séjour ou du document individuel de prise en charge, et fixe un délai pour le faire. « Il ne précise cependant pas s'il est obligatoire de signer le PPA. » Le PAP « peut être considéré comme un document technique définissant les modalités de réponses aux attentes et besoins ».
La HAS entend les craintes des structures qui rendent la signature obligatoire : difficulté à prouver l'accord, faible valeur probante, contestation des modifications, responsabilité en cas de défaut de formalisation. Mais elle tranche : « Ce formalisme peut être considéré comme assez lourd et aller à l'encontre d'une démarche dynamique de PPA. Les modifications du PPA devant faire l'objet d'une nouvelle signature, elles ne sont pas facilitées » (p. 37).
Elle recommande donc d'« envisager d'autres moyens pour garantir la sécurité juridique de la validation » et liste les options admises pour enregistrer le consentement ou le refus :
Le guide ajoute une exigence de traçabilité précise, qui vaut quelle que soit la modalité choisie : distinguer l'acte de validation de son enregistrement dans le DUI. Le dossier doit conserver la date, la modalité de validation (« signature, recueil de consentement oral, enregistrement visuel, réunion avec compte-rendu… »), les noms, prénoms et fonctions des personnes qui valident, et l'identité de la personne qui enregistre ces informations, qui peut être quelqu'un d'autre (p. 37 et 56). Enfin, le document validé est remis à la personne, partagé en interne avec les professionnels impliqués, et « jamais transmis à des tiers sans consentement ».
En pratique dans un outil numérique : c'est le choix que nous avons fait dans Aidie. La signature électronique existe, elle rassure certaines structures et certaines familles, mais elle n'est qu'une modalité parmi d'autres. Un accord recueilli à l'oral en fin de visite, un enregistrement audio, une validation en réunion : chaque accord est journalisé avec sa date, sa modalité, ses validants et la personne qui l'enregistre, et reste exportable en cas de contrôle. Et surtout, une révision d'objectif ne déclenche pas une nouvelle signature.
En creux, le guide décrit les dérives qu'il veut corriger. Ce sont aussi celles qu'un évaluateur externe repère en premier.
On peut en ajouter une cinquième, tirée de la section sur les domaines : la grille remplie mécaniquement, un besoin par domaine pour faire propre. La HAS dit explicitement que ce n'est pas ce qu'elle attend.
On lit souvent qu'un PAP doit être rédigé « dans les trois à six mois ». Le guide est plus précis : « La loi ne fixe pas de délai obligatoire ou précis pour la rédaction du projet d'accompagnement personnalisé » (p. 16). En pratique, les ESSMS se réfèrent à un « délai raisonnable », « souvent situé entre un et trois mois après l'admission » pour initier le projet, à adapter à la temporalité de la personne. La HAS recommande même de recueillir les attentes rapidement, avant que la personne ne calibre ses demandes sur ce que le service sait proposer, et autorise à démarrer le PAP avant l'admission, avec le consentement de la personne, par exemple dans un parcours coordonné à la sortie d'hôpital.
Pour les Services Autonomie à Domicile, le seul délai réglementaire porte sur la suite : le PAP doit prévoir sa réévaluation « au moins annuellement ou à l'occasion d'un changement dans la vie de la personne ». Ce qui compte pour l'évaluateur n'est pas une date butoir, c'est la cohérence entre la date d'entrée, la date d'élaboration du PAP, sa date de validation et la date d'évaluation prévisionnelle, toutes tracées dans le dossier.
Le Ségur numérique a déjà posé un socle. Le référentiel d'exigences minimales de la vague 1 demande aux dossiers usager informatisés (DUI) référencés de gérer les attentes et besoins de l'usager, de permettre la création, la modification, le suivi, la validation et le versionnage du projet personnalisé, et d'alimenter le DMP avec le PPA. Ces attendus étaient jugés peu détaillés ; le guide HAS vient les préciser avec une trame de contenu (p. 52-56) qui décrit, champ par champ, ce que le DUI doit permettre d'enregistrer :
L'article R.1111-27 du Code de la santé publique autorise le versement dans Mon espace santé des données d'accompagnement des ESSMS, et cite explicitement le projet d'accueil et d'accompagnement. Le Conseil d'État, le 15 octobre 2025, a validé un accès large au DMP pour les membres de l'équipe de soins, tout en réaffirmant qu'il « exige un recueil de consentement initial du patient » (p. 43).
La HAS met en garde : les objectifs du PAP « relèvent souvent de dimensions sociales, éducatives ou de la vie privée qui ne doivent pas être diffusées au-delà des professionnels directement impliqués ». Le partage doit rester « mesuré, justifié et consenti », et « le DMP ne peut pas devenir un espace de partage d'informations médico-sociales et sociales générales » (p. 44). La personne choisit donc ce qu'elle partage, objectif par objectif, et le DUI doit permettre cette granularité.
Il faut le redire, parce que c'est un argument commercial que vous allez entendre : la HAS écrit elle-même que ses propositions « ne sont pas applicables en l'état des DUI actuels et vont nécessiter une feuille de route partagée et progressive » (p. 11). Le bon critère pour choisir ou challenger un outil n'est donc pas « êtes-vous conforme au guide HAS », mais « où en êtes-vous sur chacun de ses attendus ». Six questions utiles à poser à votre éditeur :
Les équipes d'Aidie ont pris le temps de répondre à chacune de ces questions pour vous proposer un outil dynamique qui fait vraiment vivre les projets d'accomapgnement de vos bénéficiaires pour les accompagner au mieux dans la durée, découvrez notre page dédiée.
Lors de l'évaluation externe, l'évaluateur ne se contente pas de lire le PAP. Il croise sa lecture avec les transmissions des intervenants, avec les entretiens auprès des auxiliaires de vie et des familles, et avec l'observation des pratiques. Un beau PAP qui ne se traduit ni dans le carnet de liaison ni dans le quotidien ne sauvera pas la cotation.
Ce qu'il cherche tient en quelques questions, toutes couvertes par le guide : la personne a-t-elle été informée et a-t-elle consenti, ou refusé, et où est-ce tracé ? Sa parole est-elle reconnaissable dans le document ? Les objectifs sont-ils les siens, ou ceux du service ? Le PAP a-t-il vécu depuis sa validation, et comment le voit-on ? Les intervenants qui entrent au domicile connaissent-ils les objectifs, et leurs observations remontent-elles ? La date d'évaluation était-elle connue, a-t-elle été tenue ?
Le dossier doit pouvoir répondre à chacune de ces questions par une trace datée : version active du PAP, historique des révisions, validations avec leur modalité, évaluations et décisions qui en découlent. C'est là que le numérique fait la différence, non pas parce que la HAS l'exige, mais parce qu'un classeur ne sait pas le faire.
Le PAP est-il obligatoire pour tous les bénéficiaires d'un SAAD ?
Oui. Il découle de la loi 2002-2 et le cahier des charges des Services Autonomie à Domicile l'attend pour chaque personne, quel que soit son financement. La seule exception est le refus de la personne elle-même : il est documenté, et l'accompagnement se poursuit dans le cadre du contrat ou du document individuel de prise en charge.
Le PAP doit-il être signé ?
Non. Aucun texte ne l'impose, contrairement au contrat de séjour ou au DIPC. La HAS (guide de mai 2026, p. 36-37) admet la signature comme une modalité parmi d'autres et recommande des alternatives moins lourdes : consentement oral tracé, case cochée, enregistrement audio, courriel, cachet électronique, compte-rendu de réunion. L'essentiel est de tracer la date, la modalité, les personnes qui valident et celle qui enregistre.
Dans quel délai faut-il rédiger le PAP ?
La loi ne fixe pas de délai. L'usage est d'initier le projet dans un délai raisonnable, souvent entre un et trois mois après l'admission, en s'adaptant au rythme de la personne. Pour un Service Autonomie, le PAP doit ensuite être réévalué au moins une fois par an ou lors d'un changement dans la vie de la personne.
Qui valide le PAP ?
La personne accompagnée d'abord, ou son représentant légal, et son entourage avec son accord. Côté service, les professionnels impliqués dans l'accompagnement. Le DUI enregistre les noms, prénoms et fonctions de chacun, ainsi que l'identité de la personne qui saisit cette validation.
Que se passe-t-il en cas de refus ?
Le refus est documenté au même titre qu'un consentement, sans obligation d'écrit ou de signature de la personne. Il n'est pas définitif : la personne peut revenir dessus, et le service doit lui en laisser la possibilité. Un refus non tracé est plus problématique qu'un refus tracé, car il laisse penser que le sujet n'a pas été abordé.
Combien de domaines faut-il évaluer ?
Il n'y a pas de nombre imposé. La HAS laisse le choix des domaines à chaque structure. Ce qui est attendu, c'est que tous les domaines de votre liste soient explorés, et que seuls ceux qui sont pertinents pour la personne figurent dans son PAP.
Les objectifs doivent-ils être SMART ?
Non. La HAS ne recommande aucune méthode particulière. Elle demande que l'objectif exprime un bénéfice pour la personne, et que l'indicateur ou le résultat attendu serve à évaluer l'objectif, jamais la personne ni le professionnel.
Quelle différence entre PAP et plan d'aide APA ?
Le plan d'aide APA est un document financier du conseil départemental, qui fixe le volume d'heures et les prestations couvertes. Le PAP est le projet d'accompagnement du service, construit avec la personne. Le premier donne le cadre de financement, le second le cadre de l'accompagnement.
Peut-on verser le PAP dans le DMP ?
Oui, le Code de la santé publique le permet, sous réserve du consentement de la personne. La HAS recommande un partage proportionné, objectif par objectif, limité à ce qui est utile à la coordination des soins.
Le PAP n'est pas un livrable réglementaire de plus. Bien construit, il aligne le recueil de la parole, les objectifs, l'exécution au domicile et l'évaluation autour d'un même fil : le bénéfice attendu par la personne. Le guide HAS de mai 2026 a le mérite de dire clairement ce qui est exigé et ce qui ne l'est pas, et de remettre la personne, plutôt que le formalisme, au centre du dispositif.
Les structures qui s'en saisissent gagnent deux fois. Elles passent leurs évaluations externes plus sereinement, parce que la trace se construit en continu plutôt que la veille de la visite. Et elles libèrent du temps pour ce qui compte vraiment, l'accompagnement humain.
👉 Pour voir comment ces principes se traduisent concrètement, de l'entretien audio à la réévaluation, lisez comment réaliser un PAP plus vite avec l'IA, ou demandez une démonstration du module PAP d'Aidie.