
En bref : un service autonomie à domicile a deux obligations de signalement distinctes. D'une part, déclarer les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) sur le portail national signalement-sante.gouv.fr, qui alerte automatiquement l'ARS. D'autre part, signaler à l'ARS et au conseil départemental les dysfonctionnements graves (maltraitance, incidents mettant en cause la sécurité) au titre du Code de l'action sociale et des familles. Dans les deux cas, la traçabilité est déterminante.
Le signalement des événements indésirables graves n'est pas qu'une formalité administrative : c'est une obligation légale, et un pilier de la démarche qualité évaluée par la HAS. Pour un service à domicile, le sujet est souvent flou. Clarifions.
Trois niveaux, à ne pas confondre :
Lorsqu'un événement grave est associé aux soins, la déclaration est obligatoire et s'effectue exclusivement par télédéclaration sur le portail national signalement-sante.gouv.fr. Le directeur général de l'ARS en est automatiquement destinataire.
La déclaration se fait en deux temps :
Indépendamment des soins, tout établissement ou service social ou médico-social, dont les services à domicile, doit signaler sans délai à l'ARS et au conseil départemental tout dysfonctionnement grave ou événement mettant en cause la sécurité des personnes accompagnées : maltraitance, accident grave, situation de danger. Cette obligation relève du Code de l'action sociale et des familles.
Un signalement bien mené n'est pas une sanction : c'est une preuve de maturité qualité. Le référentiel d'évaluation de la HAS examine précisément la capacité d'une structure à repérer, tracer, analyser les événements indésirables et à en tirer des mesures correctives. Une structure qui documente ses EI démontre qu'elle apprend de ses incidents.
Le point faible le plus courant n'est pas la déclaration elle-même : c'est la traçabilité en amont. Sans historique fiable des observations de terrain, difficile de qualifier un événement, de reconstituer la chronologie et de documenter les mesures prises.
C'est là qu'un cahier de liaison numérique devient un atout : chaque observation est horodatée, historisée et rattachée à la bonne personne. Quand un événement survient, la structure dispose du contexte, pas seulement du fait isolé.
Une plateforme comme Aidie va plus loin en transformant une observation de terrain en point d'attention tracé, ce qui facilite la qualification d'un événement, son suivi et, si nécessaire, sa remontée. La déclaration réglementaire reste une décision humaine, mais elle s'appuie alors sur des données solides plutôt que sur la mémoire.
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Tout professionnel de santé, y compris en secteur médico-social. La déclaration se fait sur signalement-sante.gouv.fr, avec l'ARS pour destinataire.
La première partie de la déclaration EIGS se fait sans délai ; la seconde, avec l'analyse et les mesures correctives, dans les trois mois. Un dysfonctionnement grave se signale, lui aussi, sans délai.
Oui. L'obligation de signaler les dysfonctionnements graves vaut pour tous les ESMS, dont les services à domicile. Les EIGS concernent les événements associés aux soins.
Sources : Décret n° 2016-1606 du 25 novembre 2016 (Légifrance) : legifrance.gouv.fr · Signaler un EIGS (ARS) : paca.ars.sante.fr