Refus d'accès, intervenant qui ne veut plus y aller, famille inquiète, aidant épuisé : au stade modéré de la maladie d'Alzheimer, l'accompagnement à domicile se joue aussi dans l'organisation. Cette fiche donne aux responsables de secteur les bons réflexes, la coordination à mettre en place et les relais à connaître.
Cette fiche concerne l'accompagnement à domicile d'une personne au stade modéré de la maladie d'Alzheimer. À ce stade, la réussite de l'accompagnement dépend autant de l'organisation que des gestes de l'intervenant : les mêmes visages, les bonnes informations et les bons relais au bon moment.
À partager avec vos équipes : la fiche « Alzheimer au stade modéré : 7 situations fréquentes à domicile et comment y répondre », écrite pour les intervenants.
Avec la maladie d'Alzheimer, la personne ne peut plus raconter elle-même ce qui s'est passé. L'information doit donc circuler entre les intervenants, la famille, vous et les autres professionnels.
À faire : chercher ce qui a changé : un nouveau visage, un autre horaire, un geste mal vécu la fois précédente. Garder autant que possible le même intervenant, lui faire annoncer la visite par un proche, ou décaler le créneau à un moment où la personne est plus calme.
À éviter : insister ou forcer l'entrée, ce qui renforce le refus pour les visites suivantes.
À faire : l'écouter sans juger et faire le point sur ce qui se passe (accusations, agressivité, fatigue). Reprendre avec lui un temps d'explication sur la maladie, lui redonner des repères avec l'histoire de vie et la fiche intervenant, et ajuster son créneau si besoin. Si le changement d'intervenant est inévitable, briefer celui qui le remplace avant sa première visite.
À éviter : le laisser seul face à la situation.
À faire : faire des points réguliers à partir de faits tirés des transmissions, et donner un interlocuteur unique. Rappeler clairement ce que le service peut faire et ce qu'il ne peut pas faire.
À éviter : laisser chaque intervenant répondre seul aux demandes de la famille.
À faire : repérer les signes : fatigue, irritabilité, isolement, oublis dans ce qu'il prenait en charge. L'orienter vers une plateforme d'accompagnement et de répit, un accueil de jour ou un hébergement temporaire, et vers France Alzheimer pour la formation des aidants et les groupes de parole.
À éviter : attendre qu'il demande de l'aide : il le fait rarement.
À faire : faire le point avec l'équipe sur ce qui a changé : repas, toilette, nuits, chutes, sorties seules. Ajuster le planning (horaires, durée, fréquence des passages) et mettre à jour le projet d'accompagnement. Partager ces observations avec la famille et le médecin traitant : ce sont elles qui permettront d'envisager la suite, comme un accueil de jour, une équipe spécialisée Alzheimer ou un hébergement.
À éviter : rajouter des passages au coup par coup, sans en parler à la famille ni au médecin.
Accompagner une personne atteinte d'Alzheimer est exigeant émotionnellement. Avant les premières visites, prenez un temps d'échange avec les intervenants concernés pour leur expliquer la maladie : ce qui change au stade modéré, les réactions qu'ils vont rencontrer (refus, questions répétées, accusations, agitation du soir) et les risques à surveiller (chutes, dénutrition, déshydratation, sorties seules). Ensuite, faites un point régulier pour parler des situations difficiles, afin qu'aucun intervenant ne reste seul avec.