
Dans les services d'aide à domicile, l'IA est déjà au bureau : 71 % des encadrants s'en servent, le plus souvent avec un outil grand public. Plutôt que d'interdire, mieux vaut encadrer. Une charte d'une page, dix minutes en réunion et un outil d'IA professionnel plutôt que grand public suffisent à garder le gain de temps sans risque.
En bref : selon notre étude menée auprès de 761 professionnels de l'aide à domicile, 71 % des directeurs et responsables de secteur utilisent déjà l'IA au travail, et 62 % le font avec un outil grand public. Ils ont raison de vouloir gagner du temps. Le seul vrai sujet, ce sont les données des personnes accompagnées, qui sont des données de santé. Pas besoin d'une longue procédure : une charte d'une page, dix minutes en réunion d'équipe et un outil d'IA professionnel plutôt que grand public suffisent.
Notre étude sur l'IA dans l'aide à domicile, menée en octobre 2026 auprès de 761 professionnels, le montre clairement : 71 % des directeurs et responsables de secteur utilisent déjà l'IA dans leur travail. Mais 62 % passent par un outil grand public, et seulement 13 % par une IA intégrée à leur logiciel métier. Vous trouverez l'ensemble des résultats dans notre synthèse de l'étude.
Ce que l'étude a fait ressortir pour les encadrants va plus loin que ce simple constat :
Ce n'est donc pas l'envie qui manque, ce sont les bons outils.
Autrement dit, dans la plupart des agences, l'IA est entrée par la petite porte, sur le téléphone ou le navigateur de chacun. Personne n'a décidé de l'usage, personne ne l'a cadré. Ce n'est pas une faute : c'est le signe que les besoins sont réels.
Les encadrants eux-mêmes en ont conscience. Leur première réserve vis-à-vis de l'IA est la confidentialité des données (27 %), devant la peur de déshumaniser le métier (17 %) et le risque d'erreur (11 %). Un directeur d'agence le résume en quatre mots : « Attention sur les conformités. »
Avant de parler de règles, il faut dire ce qui marche. Bien utilisée, l'IA fait gagner un temps précieux sur des tâches qui n'ont rien de confidentiel :
Ce gain de temps, c'est précisément ce que les encadrants attendent. Un directeur le dit simplement : « nous voyons bien que l'IA peut être d'une grande aide ». Interdire l'IA en bloc reviendrait à priver vos équipes de ce gain, et pousserait les usages à se cacher.
Le problème n'est pas l'IA. C'est ce que l'on colle dedans. Une transmission, un compte rendu de visite, un plan d'aide contiennent des informations sur l'état de santé, l'autonomie ou la situation familiale d'une personne.
Ces informations sont des données de santé. Le RGPD les range dans les « catégories particulières » de données : leur traitement est interdit par principe, sauf exceptions prévues par le texte (article 9). La CNIL parle de données sensibles.
Le code de la santé publique ajoute une exigence. Quand un prestataire héberge, pour le compte d'une structure, des données de santé recueillies à l'occasion d'activités de soins ou de suivi social et médico-social, il doit être titulaire d'un certificat de conformité : c'est la certification HDS (article L1111-8 du code de la santé publique).
Quand une responsable de secteur colle une transmission dans un outil grand public, la structure ne sait ni où ces données sont hébergées, ni sous quelles garanties. Sauf contrat spécifique, rien n'assure que l'outil réponde à ces exigences. C'est là qu'il faut agir, pas ailleurs.
L'étude a demandé aux directeurs et responsables de secteur ce qui les ferait adopter une solution d'IA. Ils devaient choisir trois conditions. Les réponses sont nettes :
Viennent ensuite une formation adaptée (23 %), une mise en œuvre simple (21 %), des garanties sur la confidentialité (21 %) et la possibilité de corriger facilement les résultats (17 %), ainsi que le contrôle humain sur les décisions.
Le message est donc simple : le gain de temps passe avant tout le reste. Deux autres enseignements pour un dirigeant. D'abord, l'adoption ne se décrète pas, elle se constate : dans l'étude, les aides à domicile qui ont déjà utilisé l'IA au travail lui donnent 6,8/10 d'utilité, contre 5/10 pour celles qui ne l'ont jamais utilisée, et les encadrants, qui l'utilisent davantage, lui donnent 7,3/10. Un usage concret qui fait gagner du temps convainc mieux que n'importe quelle présentation. Ensuite, les freins sont peu nombreux et précis : la confidentialité des données (27 %), la peur de déshumaniser le métier (17 %) et le risque d'erreur (11 %). Ce sont justement ceux qu'un cadre simple permet de lever.
Pas besoin d'un règlement de dix pages. Prenez une demi-heure, seul ou avec vos responsables de secteur, et écrivez quatre règles :
L'étude elle-même recommande d'avancer par une charte commune plutôt que par des interdits. Une page affichée et partagée suffit pour commencer.
Une charte que personne n'a lue ne protège rien. À la prochaine réunion, prenez dix minutes pour dire de vive voix ce qu'on peut coller dans un outil grand public, et ce qu'on ne colle jamais. Montrez un exemple concret : un mail à une famille réécrit sans nom, à côté d'une transmission qui, elle, n'a rien à faire dans cet outil.
Dites aussi clairement que l'usage de l'IA est bienvenu. L'objectif est que vos équipes continuent à vous en parler, pas qu'elles s'en servent en cachette.
Vos équipes se servent de l'IA parce qu'elle leur fait gagner du temps. Plutôt que de les laisser utiliser chacune un compte gratuit, donnez-leur un outil professionnel, souscrit par la structure.
C'est d'ailleurs l'une des conditions d'adoption que les encadrants citent le plus : une IA intégrée aux outils qu'ils utilisent déjà.
Pour aller plus loin sur ce que la voix, les données et les outils connectés changent concrètement, lisez notre article sur ces trois éclairages de l'étude.
Aidie est une plateforme de coordination pour les structures du grand âge, avec l'IA intégrée partout, au service de chacun :
Les données sont hébergées chez un hébergeur certifié HDS.
Rien n'interdit d'utiliser un outil d'IA pour des tâches sans donnée personnelle, comme rédiger une note de service ou reformuler un mail. La vigilance porte sur les données des personnes accompagnées et des salariés, en particulier les informations de santé, qui ne doivent pas y être copiées.
Le plus souvent, oui : une transmission décrit l'état, l'autonomie ou le comportement d'une personne. Le RGPD range les données concernant la santé parmi les catégories particulières de données (article 9), que la CNIL appelle données sensibles.
C'est le certificat de conformité exigé d'un prestataire qui héberge sur support numérique des données de santé pour le compte d'une structure, notamment dans le cadre du suivi social et médico-social (article L1111-8 du code de la santé publique).
Non. Vos équipes l'utilisent pour gagner du temps, et c'est légitime. Mieux vaut encadrer les usages : une charte d'une page, un rappel en réunion et un outil d'IA professionnel plutôt que grand public. Les résultats complets de l'étude sont à télécharger gratuitement.
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Sources : étude « L'IA au service de l'aide à domicile », octobre 2026, 761 répondants (603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence, 52 responsables de secteur), menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa ; règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 9, texte sur le site de la CNIL ; CNIL, définition de la donnée sensible ; code de la santé publique, article L1111-8 ; Agence du numérique en santé, hébergement des données de santé.