
Les aides à domicile ne sont pas contre l'IA : elles attendent des réponses précises à leurs difficultés, des informations avant d'intervenir à la dictée du compte rendu. Notre étude classe ces attentes. Pour faire adopter un outil, comprenez celle de votre équipe, donnez-lui la fonctionnalité qui y répond et ne l'appelez pas « IA ».
En bref : selon notre étude menée auprès de 761 professionnels, dont 603 aides à domicile, 72 % des intervenantes sont ouvertes à l'IA dans leur travail, mais seulement 15 % l'y ont déjà utilisée. Leurs attentes sont très précises et portent toutes sur leurs conditions d'intervention : les bonnes informations avant d'arriver chez la personne, des consignes claires, signaler facilement un problème et dicter leur compte rendu au lieu de l'écrire. Pour leur faire adopter l'IA, ne leur parlez pas d'IA : donnez-leur la fonctionnalité qu'elles attendent, et appelez-la par ce qu'elle fait.
Plus de la moitié des aides à domicile (54 %) ont déjà utilisé un outil d'IA. Mais seulement 15 % l'ont fait dans leur travail. L'IA est entrée par le téléphone personnel, pas encore par les outils de l'agence. Vous trouverez l'ensemble des résultats dans notre synthèse de l'étude.
L'ouverture, elle, est là : 72 % des aides à domicile se disent prêtes à utiliser l'IA dans leur travail. Pour une direction qui veut déployer un outil, c'est une bonne nouvelle. Vous ne partez pas d'une équipe hostile, mais d'une équipe qui n'a pas encore vu à quoi ça sert dans son métier.
Quand on interroge les aides à domicile sur l'IA, elles ne parlent pas de technologie. Elles parlent de leurs conditions d'intervention, et elles ont compris que l'IA pouvait les améliorer.
L'étude leur a demandé de classer sept aides, de la plus utile à la moins utile. Voici la part d'aides à domicile qui placent chacune dans leur top 3 :
La dictée mérite qu'on s'y arrête. 18 % des aides à domicile la classent en toute première position. Beaucoup ne sont pas à l'aise avec l'écrit, encore moins sur le clavier d'un téléphone en sortant d'une intervention. Une aide à domicile le dit simplement : « Dicter le compte-rendu à l'oral de mon intervention et qu'il soit écrit automatiquement. »
Parmi les 28 % qui ne sont pas convaincues, la première raison est claire : 44 % craignent que l'IA remplace l'humain et déshumanise la relation avec la personne accompagnée. Une aide à domicile l'écrit sans détour : « L’IA n’a pas sa place dans un métier en lien avec l’aide humaine ».
Cette crainte mérite d'être prise au sérieux. Le cœur du métier, c'est la présence, l'écoute, le geste juste au bon moment. Une intervenante qui entend « intelligence artificielle » peut imaginer une machine qui décide à sa place, ou qui la surveille.
Viennent ensuite deux raisons qui n'ont rien à voir avec un danger :
Enfin, 6 % jugent l'IA pas assez fiable ou pas assez encadrée.
Autrement dit, la moitié des réticences tient à un manque de preuve. Ces intervenantes ne disent pas que l'IA est dangereuse : elles disent qu'on ne leur a pas encore montré ce qu'elle change pour elles.
L'étude a demandé aux aides à domicile de noter l'utilité de l'IA dans leur métier. La note dépend directement de leur expérience :
C'est l'enseignement le plus utile pour une direction. Utiliser l'IA chez soi ne change presque rien à la perception du métier. C'est l'usage au travail, sur une tâche réelle, qui fait la différence. L'adoption ne se décrète pas, elle se constate.
L'étude le montre : les aides à domicile n'attendent pas « de l'IA ». Elles attendent des réponses à des difficultés précises de leurs journées. Pour faire adopter un outil, il faut donc partir de là.
Le classement ci-dessus donne les attentes de l'ensemble des aides à domicile. Les vôtres ont sans doute les mêmes, mais pas forcément dans le même ordre. Une équipe qui fait beaucoup de route attendra d'abord des journées mieux organisées. Une équipe qui intervient chez des personnes très dépendantes attendra d'abord les bonnes informations avant d'arriver. Une équipe qui peine à rédiger ses comptes rendus attendra d'abord de pouvoir les dicter.
Demandez-leur, tout simplement : parmi ces attentes, laquelle compte le plus pour vous ? Vous saurez par quoi commencer.
Une fois l'attente identifiée, donnez à vos intervenantes l'outil qui y répond, et uniquement celui-là pour commencer. C'est ce qui fait passer la note d'utilité de 5/10 à 6,8/10 : un usage concret, au travail, sur une difficulté réelle.
Le mot « IA » inquiète une partie des équipes et ne dit rien de ce que l'outil change pour elles. Présentez la fonctionnalité par ce qu'elle fait :
C'est aussi la meilleure réponse aux 44 % qui craignent la déshumanisation. Une aide à domicile l'a formulé mieux que personne dans l'étude : « L'IA analyse,L'humain garde le cœur et le Lien ». Un outil qui fait gagner du temps sur l'écrit ou sur l'organisation, c'est plus de temps avec la personne.
Et si vos encadrants utilisent eux aussi l'IA au bureau, pensez à cadrer ces usages : c'est l'objet de notre article sur l'IA au travail chez les encadrants. Pour aller plus loin sur la voix comme mode de saisie, lisez nos trois éclairages de l'étude.
Aidie est une plateforme de coordination pour les structures du grand âge, avec l'IA intégrée partout, au service de chacun :
Les données sont hébergées chez un hébergeur certifié HDS.
En grande majorité, oui : 72 % se disent ouvertes à l'IA dans leur travail. Mais seulement 15 % l'y ont déjà utilisée, alors que 54 % s'en sont déjà servies dans leur vie personnelle.
La première crainte, citée par 44 % des aides à domicile non convaincues, est que l'IA remplace l'humain et déshumanise la relation. La moitié des réticences tient en revanche au fait de ne pas en voir l'utilité ou d'estimer faire déjà bien sans.
Par celui qui répond à l'attente principale de votre équipe. Au niveau national, les aides à domicile citent d'abord les informations avant une intervention (69 % dans leur top 3), des consignes plus claires (51 %), le signalement d'un problème (45 %), la dictée du compte rendu (42 %) et des journées avec moins de trajets (40 %). Demandez aux vôtres laquelle compte le plus.
En lui donnant un outil qui répond à ce qu'elle attend, présenté par ce qu'il fait (transcription vocale, assistant planning) plutôt que comme « de l'IA ». Les aides à domicile qui utilisent l'IA au travail lui donnent 6,8/10 d'utilité, contre 5/10 pour celles qui ne l'ont jamais utilisée : c'est l'usage qui convainc. Les résultats complets de l'étude sont à télécharger gratuitement.
Demander une démonstration d'Aidie
Sources : étude « L'IA au service de l'aide à domicile », octobre 2026, 761 répondants (603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence, 52 responsables de secteur), menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa.