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761 professionnels interrogésRecevoir l'étude →

L'IA dans l'aide à domicile : ce que révèle la plus grande étude du secteur (webinaire en replay)

Benjamin Blazy
October 20, 2026
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Coordination

Les aides à domicile utilisent l'IA chez elles, pas au travail. Les encadrants s'en servent déjà, mais avec des outils grand public. Ce que révèle notre étude auprès de 761 professionnels, les solutions déjà en place dans le secteur et cinq recommandations pour la filière, en vidéo et en article.

L'IA dans l'aide à domicile : déjà dans les vies, pas encore dans le métier

En bref : nous avons interrogé 761 professionnels de l'aide à domicile sur l'intelligence artificielle. Résultat : l'IA est déjà entrée dans leur vie personnelle, mais presque pas dans leurs outils de travail. Les attentes, elles, sont très concrètes : moins de trajets, des remplacements moins douloureux, des comptes rendus qu'on peut dicter. Voici le replay du webinaire de présentation, et ce qu'il faut en retenir.

On imagine volontiers que l'IA concerne d'abord les métiers de bureau. L'aide à domicile, métier de relation, de présence et de gestes, semblerait en être protégée. C'est mal connaître son quotidien : des journées découpées en interventions, des plannings qui bougent sans arrêt, des informations à faire circuler entre l'intervenante, l'agence et la famille, des exigences de traçabilité toujours plus fortes. Autant de tâches où l'IA peut faire gagner un temps précieux, à condition de partir des bons problèmes.

C'est l'objet de cette étude, menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa, auprès de 603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence et 52 responsables de secteur. À ce jour, c'est la plus grande étude menée sur l'IA dans l'aide à domicile.

Le replay du webinaire

▶ Regarder le replay du webinaire (48 min)

Présentation par Benjamin Blazy et Théo Masini (Aidie), avec Bastien Gandouet, co-fondateur de Ouihelp, Joya et Onela.

Au programme de la vidéo

  • 00:00 · Introduction
  • 01:32 · Pourquoi cette étude
  • 03:50 · Le regard de Bastien Gandouet
  • 06:47 · Ce que l'IA peut apporter aux aides à domicile
  • 12:14 · Ce que l'IA peut apporter au personnel d'agence
  • 21:27 · Les solutions qui existent déjà
  • 40:29 · Cinq recommandations pour la filière
  • 43:22 · Questions des participants

L'étude complète, avec beaucoup plus de résultats, est disponible en téléchargement.

L'IA est déjà là, mais pas dans les outils du métier

Plus de la moitié des aides à domicile (54 %) ont déjà utilisé l'IA. Mais seulement 15 % l'ont fait dans le cadre de leur travail. L'IA est entrée seule dans les foyers, par un téléphone, une question posée à un assistant, une traduction. Elle n'a pas encore franchi la porte des logiciels du secteur.

Côté encadrants, le constat est plus frappant encore. 71 % des responsables de secteur et directeurs d'agence utilisent déjà l'IA au travail, mais 62 % passent par un outil grand public, et seulement 13 % par une IA intégrée à leur logiciel métier. Ils n'ont pas attendu leurs éditeurs : ils rédigent, reformulent et synthétisent dans un outil en ligne, puis recopient le résultat ailleurs.

Ce n'est pas la découverte de l'IA qui convainc, c'est son usage au travail

On pourrait penser que les aides à domicile qui utilisent l'IA chez elles sont plus convaincues de son intérêt professionnel. Ce n'est pas le cas. Interrogées sur l'utilité de l'IA dans leur travail, celles qui ne l'ont jamais utilisée lui donnent 5/10, celles qui l'utilisent dans leur vie personnelle à peine plus (5,3/10). Celles qui l'ont utilisée dans leur métier montent à 6,8/10.

Le même écart se retrouve entre les deux populations : 5,5/10 en moyenne chez les aides à domicile, 7,3/10 chez les encadrants, qui l'utilisent beaucoup plus au travail. Ce qui crée la conviction, c'est d'avoir vu l'IA résoudre un problème précis de son quotidien professionnel.

Ce n'est pas faute d'ouverture : 72 % des aides à domicile se disent ouvertes à l'IA dans leur travail. Chez les 28 % qui ne sont pas convaincues, la première crainte est que l'IA remplace l'humain et déshumanise la relation (44 % des objections). Mais la moitié des objections tient en une phrase : « je n'en vois pas l'utilité » ou « je fais déjà bien sans ». Pour ces personnes, une démonstration concrète vaut mieux que tous les discours.

Aides à domicile : trajets, imprévus et information

Interrogées sur ce qui leur fait perdre du temps, les aides à domicile désignent trois problèmes, loin devant les autres :

  1. les trajets et les journées mal organisées (67 %) ;
  2. les changements de dernière minute (55 %) ;
  3. la recherche des bonnes informations avant d'intervenir (49 %).

Le compte rendu après l'intervention (38 %) ou le fait de savoir quoi signaler (33 %) viennent ensuite.

Quand on leur demande où l'IA serait la plus utile, elles répondent de façon tout aussi concrète : voir l'essentiel avant d'arriver chez la personne, avoir des journées mieux organisées avec moins de trajets, et pouvoir dicter leur compte rendu à l'oral. Ce dernier point est loin d'être un détail. Beaucoup d'aides à domicile ne sont pas à l'aise avec l'écrit, encore moins sur le clavier d'un téléphone en sortant d'une intervention. La voix leur permet de transmettre plus, plus vite, et sans effort de rédaction. Et à l'oral, on garde les petits détails qu'une synthèse écrite fait disparaître, alors que c'est souvent là que se cachent les premiers signes de fragilité.

Agences : la planification d'abord, les remplacements surtout

Le poste d'encadrant recouvre cinq métiers : planification, téléphone, dossiers, plans d'aide et qualité, ressources humaines. Selon la façon dont ils répartissent leur temps, trois profils se dessinent : ceux que le planning accapare (près de la moitié de leur temps), ceux qui sont tournés vers la qualité de l'accompagnement (un tiers de leur temps sur les plans d'aide), et ceux qui jouent un rôle de manager, partagés entre le téléphone et les RH.

Mais tous se retrouvent sur un point : c'est sur la planification et la coordination que l'IA est la plus attendue. 45 % des encadrants la placent en premier. Et leurs outils actuels ne suffisent pas : en moyenne, 73 % jugent qu'ils ne les aident que « moyennement », ou moins, sur les tâches de leur poste.

Au cœur de la planification, un sujet concentre les difficultés : le remplacement. Il faut trouver la bonne personne en quelques minutes, souvent tôt le matin, en tenant compte de ses compétences, de ses trajets, de son temps de travail, des règles de la convention collective et des habitudes de la personne accompagnée. C'est une décision stressante, et c'est exactement le genre d'analyse à plusieurs critères où l'IA excelle, à condition que la décision finale reste à l'encadrant.

Ce qui fera adopter l'IA

Les encadrants savent ce qu'ils attendent. Pour 77 %, la première condition est un gain de temps clair : pouvoir dire à une équipe combien de temps l'outil va lui faire gagner. Viennent ensuite l'intégration dans les outils déjà utilisés (49 %) et des résultats fiables et compréhensibles (34 %), puis le contrôle humain.

Les réserves existent, mais elles sont ciblées : la confidentialité des données (27 %), la peur de déshumaniser le métier (17 %), le risque d'erreur (11 %). Seuls 4 % des encadrants sont opposés à l'IA. Le message est clair : ils n'ont plus besoin d'être convaincus, ils attendent l'IA dans leurs outils.

Ce que l'IA fait déjà dans le secteur

Une structure peut aujourd'hui utiliser l'IA de trois façons : avec des outils grand public (ChatGPT, Claude, Mistral…), à travers son logiciel métier quand celui-ci en intègre, ou avec des solutions spécialisées sur une tâche précise. Les auteurs et partenaires de l'étude ont présenté les cas d'usage qu'ils ont déjà développés.

Planning et remplacements. Bloom Care classe les intervenants les plus pertinents pour un remplacement, puis inscrit le choix retenu directement dans le logiciel métier. Ouihelp, Joya et Onela attribuent une note à chaque remplaçant possible et cherchent à anticiper les aléas pour sécuriser la continuité de service. itSAP concentre son IA sur la réduction des temps de trajet et des trous dans les journées.

La voix. Ouihelp, Joya et Onela enregistrent les appels clients, en font la synthèse et la rangent automatiquement dans le CRM : la personne au téléphone n'a plus de notes à prendre. Chez Aidie, les aides à domicile dictent leurs transmissions ; l'IA les transcrit en tenant compte de tout l'historique de la personne accompagnée, ce qui permet de faire ressortir ce qui compte. Aujourd'hui, environ 30 % des transmissions dans Aidie sont faites à l'oral.

Les fragilités. Ouihelp, Joya et Onela analysent l'ensemble des transmissions pour repérer les signaux de fragilité qui se répètent et les rapprocher de la grille ICOPE, afin d'orienter l'évaluation. Aidie fait un autre choix : c'est toujours l'intervenante qui signale une fragilité. L'IA collecte et analyse ces signalements, puis indique au responsable de secteur les points à regarder lors de l'évaluation.

Dossier, PAP et conformité. Ouihelp, Joya et Onela classent automatiquement documents et demandes, et contrôlent la conformité des dossiers. Aidie rédige le plan d'accompagnement personnalisé à partir de l'entretien d'évaluation, signale ce qui manque et vérifie qu'il répond aux attentes de la HAS. itSAP lit l'ensemble des rapports d'évaluation HAS d'un réseau pour faire ressortir les points faibles récurrents et aider à prioriser les actions qualité.

Recrutement et fidélisation. Ouihelp, Joya et Onela analysent les CV pour personnaliser le parcours d'intégration de chaque nouvelle recrue. itSAP mène les entretiens de départ à l'oral et en extrait les motifs, pour nourrir une vraie politique de fidélisation.

Reste une condition pour que tout cela se diffuse : que les outils se parlent. Une structure utilise souvent un logiciel de planning, un autre pour la paie, un troisième pour le suivi des personnes. Des standards récents, comme le protocole MCP, permettent à une même IA de dialoguer avec plusieurs logiciels. C'est la promesse de pouvoir choisir des outils spécialisés sans multiplier les écrans ni les ressaisies.

Cinq recommandations pour la filière

1. Faire dialoguer les outils. Le secteur a beaucoup travaillé l'interopérabilité avec les départements et les organismes publics. Le chantier suivant, c'est la connexion entre les logiciels que les structures utilisent chaque jour. Sans elle, l'IA restera cantonnée à des usages isolés.

2. Organiser la remontée des besoins. Les professionnels savent très précisément où ils perdent du temps. Collecter ces besoins, les formaliser et les partager avec les éditeurs et les start-ups permettrait de construire des solutions qui partent du métier.

3. Rassurer par une charte commune. La confidentialité des données est la première réserve des encadrants. Une charte de bonnes pratiques, signée par les éditeurs, rassurerait sans freiner les usages par une réglementation trop lourde.

4. Former sur des cas concrets. Une formation générale à l'IA convainc peu. Montrer à une aide à domicile comment dicter son compte rendu, ou à un responsable de secteur comment préparer un remplacement, convainc beaucoup plus.

5. Mesurer les gains. Le gain de temps est la première condition d'adoption. Encore faut-il le prouver : un outil qui mesure ce qu'il fait gagner s'explique facilement aux équipes, et s'adopte plus vite.

Questions fréquentes

Les aides à domicile utilisent-elles l'IA ?

Oui, mais surtout dans leur vie personnelle : 54 % l'ont déjà utilisée, 15 % dans leur travail. 72 % se disent ouvertes à l'IA dans leur métier.

À quoi peut servir l'IA dans un service d'aide à domicile ?

Aux tâches qui prennent du temps sans apporter de valeur à la personne accompagnée : organiser les plannings et les remplacements, réduire les trajets, préparer les interventions, transcrire les comptes rendus dictés à l'oral, repérer les signaux de fragilité, rédiger les projets d'accompagnement personnalisés ou contrôler la conformité des dossiers.

L'IA va-t-elle remplacer les aides à domicile ?

Non. C'est la crainte la plus souvent exprimée, mais les usages développés dans le secteur visent à libérer du temps sur l'organisation et l'administratif, pour en rendre à la relation. Le contrôle humain reste d'ailleurs l'une des conditions posées par les encadrants.

Peut-on utiliser l'IA en respectant le RGPD ?

Oui, à condition de choisir ses outils. Le RGPD s'applique pleinement aux données des personnes accompagnées. Un logiciel métier qui intègre l'IA doit offrir des garanties sur l'hébergement et le traitement de ces données, et vous pouvez les exiger. À l'inverse, copier des informations sur une personne dans un outil grand public les fait sortir de votre système d'information.

Où télécharger l'étude complète ?

Sur aidie.fr/etude-ia.

Pour aller plus loin

Aidie propose des solutions d'IA pour les structures du grand âge : des transmissions dictées à l'oral pour le suivi des personnes accompagnées, et la rédaction assistée des projets d'accompagnement personnalisés. Réserver une démo.

Source : étude « L'IA dans l'aide à domicile », octobre 2026, 761 répondants (603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence, 52 responsables de secteur). Étude menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa.

Écrit par
Benjamin Blazy

Benjamin Blazy est entrepreneur et rédacteur chez Aidie, une solution technologique dédiée à l’accompagnement des personnes âgées à domicile. Convaincu que le vieillissement doit être mieux soutenu, il développe des outils pour faciliter la coordination entre familles, professionnels et organismes d’aide. Son objectif : proposer des solutions concrètes pour alléger la charge mentale des aidants et améliorer la prise en charge des bénéficiaires.

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