
Les aides à domicile utilisent l'IA chez elles, les encadrants déjà au travail, mais presque jamais dans leurs logiciels métier. Trajets, remplacements, comptes rendus dictés, conditions d'adoption : voici l'ensemble des résultats de notre étude auprès de 761 professionnels, présentés simplement, avec cinq recommandations pour la filière.
En bref : 761 professionnels de l'aide à domicile ont répondu à notre étude sur l'intelligence artificielle. Les aides à domicile utilisent déjà l'IA dans leur vie personnelle, les encadrants s'en servent au travail, mais presque jamais dans leurs logiciels métier. Leurs attentes sont très concrètes : des journées mieux organisées, des remplacements moins stressants, des informations claires avant d'intervenir et des comptes rendus que l'on peut dicter. Voici l'ensemble des résultats, partie par partie.
L'étude a été publiée en octobre 2026. Elle repose sur les réponses de 603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence et 52 responsables de secteur. Si vous préférez la version vidéo, le replay du webinaire de présentation reprend les grandes lignes.
Plus de la moitié des aides à domicile (54 %) ont déjà utilisé un outil d'IA. Mais seulement 15 % l'ont fait dans leur travail. L'IA est entrée seule dans les foyers, pas encore dans les outils du métier.
L'ouverture est pourtant là : 72 % des aides à domicile se disent ouvertes à l'IA dans leur travail. Parmi les 28 % qui ne sont pas convaincues, les raisons se répartissent ainsi :
Autrement dit, la moitié des réticences ne porte pas sur un danger, mais sur un manque de preuve. Pour ces personnes, montrer un usage concret suffit souvent à changer d'avis.
Interrogées sur l'utilité de l'IA dans leur métier, les aides à domicile donnent une note qui dépend directement de leur expérience :
Utiliser l'IA chez soi ne suffit donc pas. Ce qui convainc, c'est de l'avoir vue résoudre un problème précis du quotidien professionnel.
Invitées à choisir ce qui leur fait le plus perdre de temps, les aides à domicile désignent trois sujets, loin devant les autres :
Viennent ensuite le compte rendu après l'intervention (38 %) et le fait de savoir quoi signaler (33 %).
Les réponses libres disent la même chose avec leurs mots. Une aide à domicile souhaite simplement « Bien connaître la situation du bénéficiaire avant mon arrivée ». Une autre voudrait « Pouvoir voir en un clic avant l'intervention si il y a des changements sur un bénéficiaire ».
Quand on leur demande où l'IA leur serait la plus utile, les aides à domicile citent en tête trois aides : voir les informations importantes avant une intervention, avoir des journées mieux organisées avec moins de trajets, et dicter leur compte rendu à l'oral.
La dictée mérite qu'on s'y arrête. 42 % des aides à domicile la placent parmi les trois aides qui leur seraient les plus utiles. Beaucoup ne sont pas à l'aise avec l'écrit, encore moins sur le clavier d'un téléphone en sortant d'une intervention. La voix leur permet de transmettre davantage, et de garder les petits détails où se cachent souvent les premiers signes de fragilité. Une aide à domicile résume ses deux attentes en une phrase : « Planning mieux organisé pour éviter les longs déplacements et dicter à l’oral le compte rendu de l’intervention ».
Pourquoi la voix est devenue fiable, et ce que cela change concrètement : nous l'expliquons dans notre article sur la voix, les données et les outils connectés.
Côté agences, l'IA est déjà entrée dans le travail. 71 % des directeurs et responsables de secteur l'utilisent professionnellement. Mais 62 % passent par un outil grand public, et seulement 13 % par une IA intégrée à leur logiciel métier.
Les encadrants n'ont pas attendu leurs éditeurs. C'est une preuve d'appétit, mais aussi un signal d'alerte : ces usages se font hors du système d'information de la structure.
La conviction suit l'usage, comme chez les aides à domicile. Les encadrants donnent en moyenne 7,3/10 à l'utilité de l'IA dans leur métier, contre 5,5/10 chez les aides à domicile.
Le poste d'encadrant recouvre cinq grands domaines : planification et coordination, téléphone et comptes rendus, dossiers et conformité, plan d'aide et suivi, ressources humaines. Selon la répartition de leur temps, trois profils se dessinent :
Malgré ces différences, la réponse est nette : c'est sur la planification et la coordination que l'IA est la plus attendue, et 45 % des encadrants la placent en premier. À l'inverse, seuls 7 % voient de la valeur à l'IA sur les ressources humaines, le recrutement et le pilotage.
Les outils actuels ne suffisent pas. 73 % des encadrants jugent qu'ils ne les aident que moyennement, ou moins, sur les tâches de leur poste. Seul 1 % estime qu'ils permettent de très bien les gérer.
Un directeur décrit bien ce manque : des données nombreuses dans le logiciel, mais des « informations bêtement cloisonnées ».
Au sein de la planification, une tâche est jugée plus difficile que toutes les autres : le remplacement. Il faut trouver la bonne personne en quelques minutes, souvent tôt le matin, en tenant compte des compétences, des trajets, du temps de travail, de la convention collective et des habitudes de la personne accompagnée.
Les encadrants le racontent sans détour. « Un matin, 3 absences à réaffecter en urgence. » « Décisions de remplacements sous pression. » Une responsable de secteur résume l'une des informations qui lui manquent : « savoir quelle salariée connait déjà le bénéficiaire ».
C'est exactement le type d'analyse à plusieurs critères où l'IA excelle, à condition que la décision reste à l'encadrant.
Les encadrants savent ce qu'ils attendent d'une solution d'IA. Ils devaient choisir trois conditions :
Les réserves existent, mais elles restent ciblées : la confidentialité des données (27 %), la peur de déshumaniser le métier (17 %) et le risque d'erreur (11 %). Surtout, seuls 4 % des encadrants sont opposés à l'IA. Les 96 % restants n'ont plus besoin d'être convaincus : ils attendent une IA utile, mesurable et intégrée à leur quotidien.
Les auteurs et partenaires de l'étude utilisent déjà l'IA pour classer les remplaçants possibles, réduire les trajets, résumer les appels, repérer les fragilités ou rédiger les projets d'accompagnement personnalisés. Ces cas d'usage sont détaillés dans notre article sur le webinaire de présentation.
L'étude complète contient bien d'autres résultats, par métier et par domaine. Vous pouvez la télécharger gratuitement.
Aidie développe des solutions d'IA pour les structures du grand âge, en partant des besoins exprimés dans cette étude :
761 : 603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence et 52 responsables de secteur.
Oui, à 72 %. La principale crainte est que l'IA remplace l'humain, mais la moitié des réticences tient au fait de ne pas encore en voir l'utilité.
Sur la planification et la coordination, et en particulier sur les remplacements de dernière minute. Côté intervenantes, les attentes portent sur les trajets, l'accès aux informations avant d'intervenir et la dictée des comptes rendus.
Un gain de temps clair (77 % des encadrants), l'intégration dans les outils existants (49 %) et des résultats fiables et compréhensibles (34 %).
Sources : étude « L'IA au service de l'aide à domicile », octobre 2026, 761 répondants (603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence, 52 responsables de secteur). Étude menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa.