ÉTUDELa grande étude nationale sur l'IA dans l'aide à domicile est disponible.L'étude IA est disponible
761 professionnels interrogésRecevoir l'étude →

L'IA dans l'aide à domicile : les résultats de l'étude en un article

Benjamin Blazy
October 27, 2026
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Coordination

Les aides à domicile utilisent l'IA chez elles, les encadrants déjà au travail, mais presque jamais dans leurs logiciels métier. Trajets, remplacements, comptes rendus dictés, conditions d'adoption : voici l'ensemble des résultats de notre étude auprès de 761 professionnels, présentés simplement, avec cinq recommandations pour la filière.

L'IA dans l'aide à domicile : une attente réelle, à condition de partir du métier

En bref : 761 professionnels de l'aide à domicile ont répondu à notre étude sur l'intelligence artificielle. Les aides à domicile utilisent déjà l'IA dans leur vie personnelle, les encadrants s'en servent au travail, mais presque jamais dans leurs logiciels métier. Leurs attentes sont très concrètes : des journées mieux organisées, des remplacements moins stressants, des informations claires avant d'intervenir et des comptes rendus que l'on peut dicter. Voici l'ensemble des résultats, partie par partie.

L'étude a été publiée en octobre 2026. Elle repose sur les réponses de 603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence et 52 responsables de secteur. Si vous préférez la version vidéo, le replay du webinaire de présentation reprend les grandes lignes.

Les aides à domicile utilisent déjà l'IA, surtout chez elles

Plus de la moitié des aides à domicile (54 %) ont déjà utilisé un outil d'IA. Mais seulement 15 % l'ont fait dans leur travail. L'IA est entrée seule dans les foyers, pas encore dans les outils du métier.

L'ouverture est pourtant là : 72 % des aides à domicile se disent ouvertes à l'IA dans leur travail. Parmi les 28 % qui ne sont pas convaincues, les raisons se répartissent ainsi :

  • 44 % craignent que l'IA remplace l'humain et déshumanise la relation ;
  • 25 % n'en voient pas l'utilité ;
  • 25 % estiment qu'elles font déjà bien sans ;
  • 6 % la jugent pas assez fiable ou pas assez encadrée.

Autrement dit, la moitié des réticences ne porte pas sur un danger, mais sur un manque de preuve. Pour ces personnes, montrer un usage concret suffit souvent à changer d'avis.

C'est l'usage au travail qui crée la conviction

Interrogées sur l'utilité de l'IA dans leur métier, les aides à domicile donnent une note qui dépend directement de leur expérience :

  • 5/10 pour celles qui ne l'ont jamais utilisée ;
  • 5,3/10 pour celles qui l'utilisent dans leur vie personnelle ;
  • 6,8/10 pour celles qui l'ont déjà utilisée dans leur travail.

Utiliser l'IA chez soi ne suffit donc pas. Ce qui convainc, c'est de l'avoir vue résoudre un problème précis du quotidien professionnel.

Trajets, imprévus et informations : là où les aides à domicile perdent du temps

Invitées à choisir ce qui leur fait le plus perdre de temps, les aides à domicile désignent trois sujets, loin devant les autres :

  1. les trajets et les journées mal organisées (67 %) ;
  2. les changements de dernière minute (55 %) ;
  3. la recherche des bonnes informations avant d'intervenir (49 %).

Viennent ensuite le compte rendu après l'intervention (38 %) et le fait de savoir quoi signaler (33 %).

Les réponses libres disent la même chose avec leurs mots. Une aide à domicile souhaite simplement « Bien connaître la situation du bénéficiaire avant mon arrivée ». Une autre voudrait « Pouvoir voir en un clic avant l'intervention si il y a des changements sur un bénéficiaire ».

Voir l'essentiel et dicter son compte rendu : ce que les aides à domicile attendent de l'IA

Quand on leur demande où l'IA leur serait la plus utile, les aides à domicile citent en tête trois aides : voir les informations importantes avant une intervention, avoir des journées mieux organisées avec moins de trajets, et dicter leur compte rendu à l'oral.

La dictée mérite qu'on s'y arrête. 42 % des aides à domicile la placent parmi les trois aides qui leur seraient les plus utiles. Beaucoup ne sont pas à l'aise avec l'écrit, encore moins sur le clavier d'un téléphone en sortant d'une intervention. La voix leur permet de transmettre davantage, et de garder les petits détails où se cachent souvent les premiers signes de fragilité. Une aide à domicile résume ses deux attentes en une phrase : « Planning mieux organisé pour éviter les longs déplacements et dicter à l’oral le compte rendu de l’intervention ».

Pourquoi la voix est devenue fiable, et ce que cela change concrètement : nous l'expliquons dans notre article sur la voix, les données et les outils connectés.

Les encadrants ont déjà adopté l'IA, avec des outils grand public

Côté agences, l'IA est déjà entrée dans le travail. 71 % des directeurs et responsables de secteur l'utilisent professionnellement. Mais 62 % passent par un outil grand public, et seulement 13 % par une IA intégrée à leur logiciel métier.

Les encadrants n'ont pas attendu leurs éditeurs. C'est une preuve d'appétit, mais aussi un signal d'alerte : ces usages se font hors du système d'information de la structure.

La conviction suit l'usage, comme chez les aides à domicile. Les encadrants donnent en moyenne 7,3/10 à l'utilité de l'IA dans leur métier, contre 5,5/10 chez les aides à domicile.

Trois profils d'encadrants, une même priorité : la planification

Le poste d'encadrant recouvre cinq grands domaines : planification et coordination, téléphone et comptes rendus, dossiers et conformité, plan d'aide et suivi, ressources humaines. Selon la répartition de leur temps, trois profils se dessinent :

  • les encadrants tournés vers le planning, qui y passent 45 % de leur temps, et 17 % au téléphone ;
  • les encadrants tournés vers la qualité de l'accompagnement, qui consacrent 33 % de leur temps aux plans d'aide et 23 % à la planification ;
  • les encadrants managers, partagés entre le téléphone (24 %) et les ressources humaines (24 %).

Malgré ces différences, la réponse est nette : c'est sur la planification et la coordination que l'IA est la plus attendue, et 45 % des encadrants la placent en premier. À l'inverse, seuls 7 % voient de la valeur à l'IA sur les ressources humaines, le recrutement et le pilotage.

Les outils actuels ne suffisent pas. 73 % des encadrants jugent qu'ils ne les aident que moyennement, ou moins, sur les tâches de leur poste. Seul 1 % estime qu'ils permettent de très bien les gérer.

Un directeur décrit bien ce manque : des données nombreuses dans le logiciel, mais des « informations bêtement cloisonnées ».

Le remplacement, la tâche où l'IA peut le plus soulager les agences

Au sein de la planification, une tâche est jugée plus difficile que toutes les autres : le remplacement. Il faut trouver la bonne personne en quelques minutes, souvent tôt le matin, en tenant compte des compétences, des trajets, du temps de travail, de la convention collective et des habitudes de la personne accompagnée.

Les encadrants le racontent sans détour. « Un matin, 3 absences à réaffecter en urgence. » « Décisions de remplacements sous pression. » Une responsable de secteur résume l'une des informations qui lui manquent : « savoir quelle salariée connait déjà le bénéficiaire ».

C'est exactement le type d'analyse à plusieurs critères où l'IA excelle, à condition que la décision reste à l'encadrant.

Ce qui fera adopter l'IA dans les structures

Les encadrants savent ce qu'ils attendent d'une solution d'IA. Ils devaient choisir trois conditions :

  • un gain de temps clair (77 %) ;
  • l'intégration dans les outils déjà utilisés (49 %) ;
  • des résultats fiables et compréhensibles (34 %) ;
  • puis le contrôle humain, une formation adaptée (23 %), une mise en œuvre simple (21 %), des garanties sur la confidentialité (21 %) et la possibilité de corriger facilement les résultats (17 %).

Les réserves existent, mais elles restent ciblées : la confidentialité des données (27 %), la peur de déshumaniser le métier (17 %) et le risque d'erreur (11 %). Surtout, seuls 4 % des encadrants sont opposés à l'IA. Les 96 % restants n'ont plus besoin d'être convaincus : ils attendent une IA utile, mesurable et intégrée à leur quotidien.

L'IA est déjà à l'œuvre dans le secteur

Les auteurs et partenaires de l'étude utilisent déjà l'IA pour classer les remplaçants possibles, réduire les trajets, résumer les appels, repérer les fragilités ou rédiger les projets d'accompagnement personnalisés. Ces cas d'usage sont détaillés dans notre article sur le webinaire de présentation.

Cinq recommandations pour la filière

  1. Connecter les logiciels entre eux. Après l'interopérabilité avec les organismes publics, le chantier suivant est le dialogue entre les outils des structures.
  2. Structurer la remontée des besoins. Formaliser ce que les professionnels attendent et le partager avec les éditeurs.
  3. Rassurer avec une charte commune. Des bonnes pratiques signées par les éditeurs, plutôt qu'une réglementation qui freine les usages.
  4. Former sur des cas d'usage précis. C'est l'usage au travail qui convainc, pas le discours général.
  5. Mesurer les gains. Le gain de temps est la première condition d'adoption : encore faut-il le prouver.

L'étude complète contient bien d'autres résultats, par métier et par domaine. Vous pouvez la télécharger gratuitement.

Ce que fait Aidie

Aidie développe des solutions d'IA pour les structures du grand âge, en partant des besoins exprimés dans cette étude :

  • un cahier de liaison digital, où les aides à domicile font leurs transmissions à l'écrit ou à l'oral, transcrites par l'IA, et où les points d'attention remontent à l'agence, classés ;
  • un générateur de projet d'accompagnement personnalisé, qui rédige le projet à partir d'un échange guidé avec la personne accompagnée ;
  • un hébergement certifié pour les données de santé (HDS), pour que ces usages restent dans un cadre sécurisé.

Questions fréquentes

Combien de professionnels ont répondu à l'étude sur l'IA dans l'aide à domicile ?

761 : 603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence et 52 responsables de secteur.

Les aides à domicile sont-elles favorables à l'IA ?

Oui, à 72 %. La principale crainte est que l'IA remplace l'humain, mais la moitié des réticences tient au fait de ne pas encore en voir l'utilité.

Où l'IA est-elle la plus attendue dans une agence d'aide à domicile ?

Sur la planification et la coordination, et en particulier sur les remplacements de dernière minute. Côté intervenantes, les attentes portent sur les trajets, l'accès aux informations avant d'intervenir et la dictée des comptes rendus.

Quelles conditions pour adopter l'IA dans une structure d'aide à domicile ?

Un gain de temps clair (77 % des encadrants), l'intégration dans les outils existants (49 %) et des résultats fiables et compréhensibles (34 %).

Télécharger l'étude complète

Sources : étude « L'IA au service de l'aide à domicile », octobre 2026, 761 répondants (603 aides à domicile, 106 directeurs d'agence, 52 responsables de secteur). Étude menée par Aidie, Ouihelp, Joya et Onela, en partenariat avec Bloom Care, itSAP, la FESP et le Synerpa.

Écrit par
Benjamin Blazy

Benjamin Blazy est entrepreneur et rédacteur chez Aidie, une solution technologique dédiée à l’accompagnement des personnes âgées à domicile. Convaincu que le vieillissement doit être mieux soutenu, il développe des outils pour faciliter la coordination entre familles, professionnels et organismes d’aide. Son objectif : proposer des solutions concrètes pour alléger la charge mentale des aidants et améliorer la prise en charge des bénéficiaires.

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