
Lors de l'évaluation HAS, l'évaluateur rencontre des personnes accompagnées, puis les intervenantes qui viennent chez elles, et compare ce qu'il entend au dossier. C'est la méthode de l'accompagné traceur. Comment elle se déroule dans un service d'aide à domicile, et comment s'y préparer sans faire répéter personne.
En bref : l'accompagné traceur est la méthode utilisée par l'évaluateur HAS pour le chapitre 1 du référentiel, consacré à la personne accompagnée. Il rencontre une personne accompagnée par votre service, l'écoute raconter son accompagnement, puis s'entretient avec les professionnels qui interviennent chez elle et leur demande de montrer les traces dans son dossier. Dans un service d'aide à domicile, c'est souvent le moment le plus redouté de la visite. C'est aussi celui qui se prépare le mieux, à condition de ne pas se tromper de préparation.
L'évaluation HAS regarde votre service sous trois angles, et chacun a sa méthode. Pour le premier, la personne accompagnée, c'est l'accompagné traceur : l'évaluateur part du vécu d'une personne pour vérifier si l'accompagnement est réellement adapté à ses besoins.
Il aborde avec elle les 7 thématiques du chapitre 1 :
Une précision importante : la personne n'a rien à prouver. Elle parle de son accompagnement, et ses réponses sont prises telles quelles. Ce sont les professionnels, ensuite, qui doivent appuyer leurs réponses sur des traces dans le dossier.
Le nombre de séquences dépend de la capacité autorisée du service. Le manuel de la HAS fixe un minimum :
Pour les services dont la capacité ne s'exprime pas en places, la HAS prévoit une règle spécifique dans sa foire aux questions : faites-la préciser par votre organisme évaluateur dès la préparation de la visite. Pour un service présent sur plusieurs sites, au moins une séquence doit avoir lieu sur chaque site.
Cette première étape revient à la structure. Concrètement, vous devez :
Pour chaque personne, la liste précise, de façon anonyme : son âge et son sexe, la durée de son accompagnement, la façon dont il a commencé (depuis le domicile, en urgence, après une hospitalisation…), les modalités d'accompagnement et toute information utile (personne isolée, souhait d'être accompagnée d'un proche pendant l'entretien, mode de communication adapté…).
Ce sont les évaluateurs qui choisissent parmi cette liste, en cherchant la diversité. Si une personne retenue n'est finalement pas disponible, vous devez proposer quelqu'un d'autre de la liste.
Ce que ça veut dire à domicile. Une liste vraiment variée ressemble, par exemple, à ceci : une personne accompagnée depuis trois mois après une sortie d'hôpital, une autre suivie depuis plusieurs années, une personne isolée, une personne vivant avec des troubles cognitifs qui souhaite que sa fille l'accompagne, un couple accompagné au même domicile. La tentation est de ne proposer que les personnes « qui se passent bien ». Les évaluateurs le voient tout de suite, et la diversité est justement ce qu'ils attendent.
Durée : 30 à 45 minutes maximum. Toujours en présentiel.
Pour un service à domicile, l'entretien peut avoir lieu au domicile de la personne, si elle l'accepte, ou dans les locaux du service. L'évaluateur se présente, explique l'objectif, rappelle la confidentialité, vérifie le consentement de la personne et lui précise qu'elle peut arrêter à tout moment.
La personne peut être accompagnée de la personne de son choix : un proche, un tuteur. Ce tiers est là pour la soutenir et l'aider à s'exprimer, mais il ne doit pas parler à sa place ni influencer ses réponses. La personne accompagnée doit toujours être présente.
L'évaluateur pose surtout des questions ouvertes sur son vécu, puis des questions plus précises sur ce qui n'a pas été abordé. Il cherche à savoir, par exemple, si la personne a participé à la construction de son projet, si ses habitudes et ses choix sont respectés, si elle sait à qui s'adresser quand quelque chose ne va pas, si on lui demande son avis, si elle se sent en sécurité.
Durée : 1 h 30 à 2 h. Une seule personne accompagnée par entretien.
L'évaluateur rencontre ensuite les professionnels qui accompagnent cette personne au quotidien : à domicile, ce sont les intervenantes qui passent chez elle et la responsable de secteur qui suit son dossier. Des professionnels libéraux peuvent aussi être invités (infirmier, kinésithérapeute, médecin traitant).
Deux règles à connaître :
Il reprend les mêmes thématiques que dans l'entretien avec la personne, et compare.
L'accompagné traceur repose sur un principe simple : croiser trois regards. Ce que dit la personne, ce que disent les intervenantes, et ce que montre le dossier doivent raconter la même histoire.
Les écarts typiques, à domicile :
C'est là que se jouent les notes du chapitre 1, et notamment celles du projet d'accompagnement, l'une des thématiques les moins bien notées du secteur. Nous avons détaillé ce qui pèse dans la note, et sur quels critères un logiciel peut fournir les preuves, dans notre article Évaluation HAS : les preuves qu'un logiciel peut fournir à votre place.
La pire préparation consiste à faire répéter les personnes accompagnées ou les intervenantes. Les évaluateurs sont formés à repérer les réponses apprises, et la HAS leur demande de créer un climat de confiance, sans jugement. La bonne préparation se fait en amont, sur le fond.
Avec les personnes accompagnées
Avec les intervenantes
Avec le dossier
Côté logistique, la HAS cite plusieurs retours d'expérience utiles : communiquer en amont aux personnes accompagnées l'identité et la photo des évaluateurs, leur faire porter un badge, et programmer l'entretien à côté d'un rendez-vous ou d'une activité habituelle pour limiter les absences.
L'accompagné traceur met à nu un problème que connaissent beaucoup de services à domicile : l'accompagnement est souvent bon, mais sa trace est dispersée, entre un cahier papier chez la personne, des messages sur le téléphone de la responsable de secteur et un projet rangé dans un classeur à l'agence.
Avec un outil de coordination comme Aidie, les transmissions des intervenantes sont datées et rangées dans le dossier de la personne au fil des passages, y compris quand elles sont dictées à l'oral. Les points d'attention et leurs suites restent visibles. Le projet d'accompagnement est construit à partir d'un échange guidé avec la personne, et sa date de réévaluation est suivie. Le jour de l'entretien, ce que les intervenantes racontent se retrouve dans le dossier, sans avoir à le reconstituer.
Pour les autres moments de la visite, voir aussi nos articles sur les 18 critères impératifs de l'évaluation HAS et sur l'évaluation du PAP selon les 11 domaines HAS, ainsi que notre guide complet de l'évaluation HAS d'un service autonomie à domicile.
C'est la méthode d'évaluation du chapitre 1 du référentiel HAS, consacré à la personne accompagnée. L'évaluateur rencontre une personne accompagnée, l'interroge sur son accompagnement, puis s'entretient avec les professionnels qui l'accompagnent et consulte son dossier.
Au minimum 3 pour un service de moins de 30 places, et jusqu'à 8 pour 150 places et plus. Le service doit proposer une liste deux fois plus longue, et ce sont les évaluateurs qui choisissent.
Non. Le service propose une liste de profils variés, avec leur consentement, et les évaluateurs font le choix définitif. Si une personne retenue n'est pas disponible, le service en propose une autre de la liste.
Oui, si elle l'accepte. Pour un service, l'entretien peut aussi se tenir dans ses locaux. Il dure 30 à 45 minutes et se déroule obligatoirement en présentiel.
Oui, de la personne de son choix : proche, tuteur. Ce tiers l'aide à s'exprimer, mais ne doit ni parler à sa place ni influencer ses réponses.
Non. Cet entretien réunit les professionnels qui accompagnent la personne au quotidien. Il dure 1 h 30 à 2 heures et ne porte que sur une seule personne accompagnée.
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Source : Haute Autorité de Santé, Manuel d'évaluation de la qualité des ESSMS, version de juillet 2025, fiche pratique 3 « Comment conduire un accompagné traceur ? ».