
« Maintenir l'autonomie », une liste de prestations, aucune trace de ce que dit la personne : c'est le PAP que l'évaluateur HAS juge trop peu personnalisé. Ce que demandent les critères 1.10, comment l'évaluateur le repère, trois exemples avant/après en établissement et à domicile, et ce qu'un outil de génération de PAP fait pour vous.
En bref : cet article s'adresse aux directions, responsables qualité et cadres des établissements et services sociaux et médico-sociaux (EHPAD, services à domicile, établissements pour personnes handicapées…) dont le rapport d'évaluation HAS juge les projets d'accompagnement personnalisés (PAP) trop génériques. Il rappelle ce que la Haute Autorité de Santé (HAS) attend sur la personnalisation, comment l'évaluateur repère un projet générique, montre trois exemples fictifs avant/après, et ce qu'un outil de génération de PAP change concrètement.
Un projet peut être à jour et pourtant mal noté, parce qu'il pourrait être celui de n'importe qui. L'obligation de PAP est détaillée dans notre article sur les PAP pas à jour ; ici, on parle du contenu.
L'objectif 1.10 du référentiel, « La personne est actrice de la personnalisation de son projet d'accompagnement », s'applique à tous les ESSMS. Trois de ses critères portent directement sur la personnalisation :
L'objectif 1.11 ajoute un point souvent mal compris : c'est la personne qui décide de la place de son entourage, qu'elle vive chez elle ou en établissement.
La recommandation « Les attentes de la personne et le projet personnalisé » (Anesm, 2008, reprise par la HAS) va dans le même sens. Y participer est un droit, pas une obligation, et un refus est respecté et noté dans le projet. Les objectifs doivent être concrets et issus du dialogue. L'écrit fait apparaître les attentes de la personne, distingue les faits de l'analyse des professionnels, évite le style administratif, et un exemplaire est remis à la personne.
Selon le bilan annuel 2025 de la HAS, la thématique « Co-construction et personnalisation du projet d'accompagnement » obtient une cotation moyenne de 3,26 sur 4 et fait partie des trois points de vigilance relevés au niveau national.
Le chapitre 1 est évalué par l'accompagné traceur : l'évaluateur rencontre une personne accompagnée pendant 30 à 45 minutes, puis les professionnels qui l'accompagnent, avec son dossier (voir l'accompagné traceur). Il lui demande simplement si on l'a interrogée sur ses attentes et si elle a participé à son projet. Un proche peut être présent, sans parler à sa place.
Il compare ensuite son récit au dossier. Ce qui fait tiquer, presque toujours :
La cause est rarement un manque de soin : rédigé après coup à partir de notes, le projet perd les mots de la personne, et le modèle reprend le dessus.
Ces exemples sont fictifs. Pour chacun, « avant » montre le projet tel qu'on le trouve souvent dans les dossiers, « après » le même projet réécrit à partir de ce que dit la personne : ses mots, l'objectif qui en découle, puis les actions.
Mme R., 86 ans, accompagnée à domicile, vit seule depuis le décès de son mari.
Avant
Après
M. D., 84 ans, résident d'EHPAD depuis six mois, a perdu du poids.
Avant
Après
M. T., 34 ans, vit en foyer pour adultes handicapés.
Avant
Après
Retenez du troisième : un atelier est une action au service d'un objectif, jamais l'objectif lui-même.
Écrire chaque projet comme dans les exemples « après », pour chaque personne, chaque année, demande un temps que les équipes n'ont pas. C'est pour cela que tant de projets finissent génériques. C'est précisément là que l'IA change la donne : elle peut rédiger chaque PAP de façon très précise et très personnalisée, et instantanément, dès la fin de l'échange, à partir de ce que la personne a réellement dit, pour qu'il corresponde exactement à ses attentes et à celles de la HAS. Concrètement, un outil de génération de PAP :
Le projet est prêt à relire en quelques instants, au lieu de longues heures de rédaction après coup. Le professionnel relit et valide : l'IA fait le travail de rédaction, la coconstruction reste humaine.
Aidie édite un générateur de projet d'accompagnement personnalisé :
Ce que l'outil ne fait pas : il ne mène pas l'entretien à la place du professionnel, il ne décide pas des objectifs avec la personne, et il ne fait pas la note de l'évaluation. La coconstruction reste un travail humain ; l'outil l'empêche de se perdre entre l'entretien et le document final.
C'est un projet construit avec la personne à partir de ses attentes, exprimées avec ses mots, dont les objectifs ne pourraient s'appliquer à personne d'autre.
L'objectif décrit ce que la personne veut préserver, retrouver ou éviter (retourner au marché, par exemple). L'action est le moyen d'y arriver (accompagnement à pied, atelier, aménagement). Un atelier, une sortie ou une animation est une action, jamais un objectif.
Non. Les critères des objectifs 1.10 et 1.11 ne font pas partie des 18 critères impératifs. Ils pèsent tout de même dans la note du chapitre 1, et la thématique reste l'un des points de vigilance du bilan 2025 de la HAS.
Ni le manuel de la HAS ni la recommandation de 2008 ne l'imposent. En revanche, la coconstruction doit être tracée dans le dossier : une signature, ou la date de l'entretien et les personnes présentes, en est une preuve simple.
Pour aller plus loin sur l'évaluation des besoins, voir notre article sur l'évaluation du PAP en 11 domaines.
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Sources : HAS, Manuel d'évaluation de la qualité des ESSMS (juillet 2025), critères 1.10.1 à 1.11.2 et fiche pratique « Comment conduire un accompagné traceur ? » · Anesm / HAS, Les attentes de la personne et le projet personnalisé (2008), synthèse · HAS, Bilan annuel 2025 du dispositif d'évaluation des ESSMS (mars 2026) · ARS Bretagne, Les 18 critères impératifs de la HAS.